Collectif d'artistes interdisciplinaire ABI/ABO - [Art be in/art be out]BAKAKAI - Oratorio immature - Colonie Bakakai & ABI/ABO - [Art be in/art be out]

BAKAKAI
Oratorio immature

Je relis toujours avec émotion cette histoire désespérée où des tortures affreuses, des persécutions, l’infini des océans, l’anxiété sexuelle de la jeunesse et le sentiment pénible de sa propre immaturité s’entrelacent en une couronne de supplices qui empêche le héros de jouir du bonheur en compagnie de sa bien-aimée, dans une grande montgolfière placide comme un éléphant.

Witold Gombrowicz, in « Explication sommaire », Varia

 

D’après  « Aventures », une nouvelle extraite du recueil « Bakakai »
De WITOLD GOMBROWICZ
THEÂTRE MUSICAL
Durée 1h

Par La COLONIE BAKAKAI (production du collectif interdisciplinaire ABI/ABO)

Bakakai - Gombrowicz - Carte Chloë Bonnard aka Edith LakeCarte réalisée par Chloë Bonnard a.k.a EDITH LAKE, distribuée à chaque spectateur lors des représentations.(format A3)

 

Bakakaï est une création de théâtre musical d’après la nouvelle de Witold Gombrowicz  « Aventures ».
Cette effrayante épopée poétique narre les péripéties d’une aventurière hors norme.
Sur scène, une comédienne et quatre musiciens jouent ensemble et portent l’univers absurde, immature et pervers de l’auteur polonais.

 

Bakakai - Gombrowicz - groupeChloé Bégou / mise en scène et récitante
Antoine Arnera / clavier
Myriam Boudenia / regard extérieur
Amaryllis Billet / violon Frédéric Auzias / régie son
Jules Desgoutte / dispositif électroacoustique
Romain Delagarde / scénographie et lumière
Léonore Grollemund / violoncelle

 

 

 

 

 

 

WITOLD GOMBROWICZ

Né en Pologne, Witold Gombrowicz (1904-1964) vécut vingt-cinq ans en Argentine.
Bisexuel, apatride et conteur, philosophe, défendant  l'individu contre tous les conformismes, grand démonteur de machineries collectives, il fut l'incarnation de l'esprit de contradiction.

Dans son œuvre-phare, Ferdydurke, le narrateur, infantilisé par un précepteur auquel il a le malheur de présenter son premier roman, se retrouve, à trente ans, sur un banc d'écolier, « cuculisé », dit-il.
Assigné à cette place par la condescendance du regard d'un maître d'école, il y connaîtra le ridicule des duels de grimace, la grande violence du doigt levé, des enfantillages et de l'immaturité, du bermuda, le sérieux des jeux d'enfants.

La tyrannie impérieuse de la Forme, de la Modernité, de la Maturité, leur vanité, leur ridicule, y sont campés sous la fascination qu'exerce sur l'auteur la figure autoritaire d'un mollet de jeune fille.
A travers l'absurde de ces situations inventées, la méthode Gombrowicz démasque le ridicule des modernismes, de l' «Art », des postures « adultes »

Dans Bakakai, son premier ouvrage, toutes les thématiques de son œuvre sont déjà esquissées en petites pépites synthétisant des genres, des formes, des contenus.

 

 

UN CONTE PHILOSOPHICO-ABSURDE
« AVENTURES », nouvelle extraite de BAKAKAÏ

La première publication de Gombrowicz est un recueil de nouvelles, Mémoires du temps de l'immaturité (1933), dont est extrait le conte philosophique Cinq minutes avant de s'endormir. A l'occasion de sa réédition en 1957, il rebaptise le recueil Bakakaï et le conte philosophique Aventures.

Bakakai - Gombrowicz - chinois


Ce dernier texte, que nous avons choisi de mettre en musique/en scène, se décompose en quatre parties qui sont chacune comme un roman d'aventures en modèle réduit ouvrant sur de multiples lectures :

Dans la première aventure, notre héroïne est enfermée par un « Nègre blanc » dans une boule de verre et jetée au milieu de l'océan Atlantique.

Dans la deuxième aventure, elle est précipitée par le même « Nègre blanc » dans un cône d'acier au fin fond de l'océan Pacifique.

Dans la troisième aventure, notre héroïne s'envole à bord d'une montgolfière en compagnie d’une petite oreille attentive.

Dans la quatrième aventure, notre héroïne est poursuivie par un million de Chinois lépreux obscènes, putrides et lubriques.

 

 

 

Bakakai - Gombrowicz - Chloé BégouCe texte est composé comme une mosaïque d’images, un album de voyages rempli d’humour et de dérision.  Les aventures surgissent devant l’héroïne qui les accueille avec jubilation. Elle décrit avec minutie les états d’âme et de corps qui la traverse.
Il s’agit de faire surgir des sensations grâce à la puissance évocatrice du texte. L’angoisse, la fuite devant les responsabilités, le jaillissement de la pulsion de vie, l’amour naissant, le dégoût, la jouissance masochiste sont autant d’affects mis en mots par Gombrowicz et pris en charge par le théâtre musical de la colonie Bakakaï.
Le spectateur est pris dans un tourbillon poétique, traversé par une langue épique, il suit avec ravissement les aventures grotesques de l’héroïne.

Construit à partir des fantasmes de lectures qui hantaient Gombrowicz quand il était enfant « cinq minutes avant de s'endormir », il nous a paru naturel de remettre ce récit dans la bouche de l'enfant qui habite Gombrowicz devenu adulte.

 

« Un récit qui ne tient qu'à un fil – des morceaux de ficelle noués bout à bout.
Un narrateur égaré
Une injonction à être venue d'autrui - contenance, perdre contenance.
Des moyens de transport incongrus – montgolfière, cloche d'acier, boule de verre...
Un nègre blanc, dont l'absence menace.

Une Odyssée sur carte d'écolier... »

 

Bakakai - Gombrowicz - salle de classe

3 Parti pris de mise en scène

LA SALLE DE CLASSE COMME SCENE DE THEÂTRE

 

Une salle de classe jonchée de vieilles cartes d'école.
Des acteurs immatures, infantiles, attendent en rang l'entrée des adultes-spectateurs.
Une narratrice en habit d'écolier raconte l'histoire ; du flot de ses paroles, navire qui dérive, surgit la musique.
 La scène est ce lieu imaginaire depuis lequel elle parle, et que peuplent les quatre musiciens.

Situer la narration dans une salle de classe emprunte au passage du Ferdydurke où le narrateur trentenaire se retrouve écolier sur les bancs de l'école, passage dont s'inspira également Tadeusz Kantor dans La Classe Morte

Ce dispositif, cette proposition d’espace renvoie à une forme d’universalité : on s’est tous retrouvés sur les bancs de l’école. Ce lieu de l’enfance qui apprend est aussi celui de l’évasion dans l’imaginaire, il est aussi l’espace de l’interdit et donc celui de la transgression potentielle.
L’écriture de Gombrowicz faite de ruptures constantes (de tonalités : on passe de l’absurde, au trivial à la poésie pure ou d’univers géographiques : de la Pologne à la Chine en passant par Valparaiso) constitue une véritable machine à jouer pour la comédienne et les musiciens.
Maître-mot du spectacle, le jeu, est déployé dans toute son ampleur : Le jeu parce que les interprètes s’amusent comme des enfants mais aussi parce qu’ils jouent au sens scénique du terme : la comédienne, un rôle et les musiciens, de leur instrument.
De cet espace concomitant de jeu et de sérieux, naît une atmosphère étrange où le spectateur ne sait jamais à quoi s’attendre.

 

 

- A QUOI ON JOUE ?  THEÂTRE OU MUSIQUE ?
- POURQUOI PAS LES DEUX…

Les enjeux existentiels de l’œuvre sont principalement exprimés par la musique tandis que la dimension absurde et critique,  l’humour, la férocité, sont plutôt portés par le jeu de la comédienne.
Porosité entre le texte, les images créées et le son : des causes musicales ont des conséquences théâtrales et vice versa. Les disciplines s’influencent avec réciprocité dès le processus de création, les partitions se confondent.

 

Bakakai - Gombrowicz - Amarylis billet & Léonore Grollemund

 

 

CREER ENSEMBLE 

La comédienne s'immisce dans le travail musical quant aux musiciens ils développent une présence scénique de comédiens, ils jouent non seulement de leurs instruments mais aussi de leurs corps et de leurs voix sans chacun rien céder de l'exigence propre à leur discipline.
De ce double horizon, ils ont chacun tiré leurs lignes de fuite; une méthode collaborative qui leur a permis de nouer étroitement texte, présence scénique et discours musical, non comme totalité close, mais comme addition successive de touches individuelles.

Le rapport entre la voix, le duo d’instruments «classiques» (violon-violoncelle) et le duo d’instruments «modernes» (claviers-machines) a donné naissance à une musique originale qui vacille aux abords du rock, de la musique contemporaine, de l’improvisation. Là dessus se pose le texte, parfois presque chanté. L’équilibre de cette matière travaillée mais en constante évolution car toujours ré-improvisée, et l’interprétation du texte donne lieu à des instants d’une subtile fragilité́ et d’une grande jubilation.

Du point de vue strictement musical, Aventures se présente comme un quatuor à cordes dont deux des cordes auraient été remplacées par des machines : quatre musiciens, de formation classique, mais rompus à l’effraction des genres, aux détours post-modernes, à l’improvisation comme aux jeux d’écritures.

 


La Colonie BAKAKAI 

Bakakai-Oratorio-Immature est le premier spectacle issu d'une recherche entre le théâtre et la musique,il est né de la rencontre artistique et humaine de toute la «Colonie»,  mus par le désir d’un théâtre musical où texte, musique et drame s'inventent conjointement.
Chloé Bégou continue ce travaille de recherche avec « Le Grillon » de Suzanne Lebeau (mise en scène et jeu)  avec Laure Beretti à la harpe Jerome Bertholon à la guitare et Geraldine Trubert à la scénographie  puis elle propose la soirée « COLLISION(S) dans le cadre de sa première carte blanche au NTH8 où elle mets en scène  « B.D.A où le mythe inversé » avec Douce Mirabaud (texte et jeu) et Anthony Capelli( batterie)
Elle présente une deuxième étape du texte de Douce Mirabaud rebaptisé « Printemps crtique » au lavoir Public en juin 2013 avec la musicienne Cindy Lemos . « Printemps Critique » de Douce Mirabaud  viens de recevoir le prix Beaumarchais Sacd 2013
La Colonie Bakakaï est produite par le collectif ABI/ABO

 

 

LES ECOLIERS…

Antoine Arnera, pianiste issu du CRR de Lyon a continué ses études de compositions au CNSMD de Lyon. Fondateur du Grand Sbam, ensemble de musique contemporaine programmé au festival  "Les Détours de Babel" édition 2013. Il compose également pour le groupe de musique actuel poil.

Frédéric Auzias, Régisseur son du Théâtre de Givors, de la scène de musique du monde du festival « Démon d'or ». Formé à l’ARFIS,  il est également ingénieur du son dans l’audiovisuel.

Chloé Bégou, comédienne, metteuse en scène, a été formée à la Scène sur Saône puis au F.R.A.C.C.O. Elle travaille comme comédienne avec la Cie Gazoline dirigée par Cécile Auxire-Marmouget et la Cie Dédale de Gabrielde Richaud. Elle co-organise le festival de la Pierre Bleue dans les Monts du Lyonnais et le festival Phil Grobi à Clermont-Ferrand. Elle a mis en scène "La mastication des morts" de Patrick Kermann/  « Bakakaï » de Witold gombrovicz/ « Le Grillon » de Suzanne Lebeau/ « B.D.A. Où le mythe inversé » puis « Printemps critique » de Douce Mirabaud et a proposé des formes autour des écritures de Daniil Harms et Cristophe Tarkos.

Amarylis Billet, violonisteissue du CNSMD de Lyon est membre de l'orchestre Les Siècles  du quatuor A4& avec Jacques Rebotier au festival des Musiques Démesurées/ La Muse en Circuit et fait partie de l'ensemble Niguna (Sonia Wieder-Atherton) et du « Grand Sbam » 

Myriam Boudenia, regard extérieur et dramaturge est auteur dramatique, comédienne et metteuse en scène à Lyon. Elle a  travaillé avec la Cie stéphanoise La Quincaillerie moderne. Actuellement elle travaille comme chargée de production pour la cie de danse La Baraka d'Abou Lagra.

Romain Delagarde qui réalise la scénographie et la création lumièreest issu de l'ENSATT. Il est président fondateur de l'atelier partagé laMezz situé à Pierre-Benite.

Jules Desgoutte, au dispositif électroacoustique, pianiste issu du CRR de Lyon a étudié la composition auprès de divers compositeurs dont Klaus Huber fut le plus marquant. Musicien et improvisateur, il est aujourd'hui membre du collectif ABI/ABO,  issu de la friche artistique RVI. Il se définit aujourd'hui comme performer mettant en œuvre via des dispositifs expérimentaux une écriture en temps réel.

Léonore Grollemund, violoncelliste issue du CRR de Lyon, s'est spécialisée dans la musique des Balkans et travaille aussi pour le théâtre (Compagnie Philippe Vincent). 

 


ABI/ABO
Le collectif ABI/ABO, installé à la friche artistique Lamartine, à Lyon, mène des actions artistiques dans une perspective interdisciplinaire, interculturelle et urbaine. Il construit des processus de création qui incluent les lieux où l'action prend place et implique le public auquel elle s'adresse. Musique, poésie, arts plastiques et théâtre constituent les différentes composantes de son travail.

ABI/ABO travaille avec des artistes, des acteurs issus de la société civile - habitants, enfants, personnes en situation de handicap, architectes ; organise des échanges artistiques à l'étranger (programme « Heterotopia ») – ateliers, résidences, rencontres ; défend une approche collaborative et située de la création artistique contemporaine. Il se compose de musiciens (Yira, Medjlis, Poupée Mobile, Desartsonnants), de poètes et de plasticiens (Pierre Gonzales iz Ner, Chlo Bonnard, Jerôme Dupré la tour, Julien Belon, Xue-Feng Chen...). Il collabore à différentes actions, de la micro-édition au festival, du projet d'espace culturel à la pièce de théâtre.

Les arts non seulement éclairent la société, mais encore contribuent-ils à son invention : la saisie et le partage du sensible, que propose toute expérience esthétique, permettent l'émergence d'une chose commune comme d'un espace public.


REPRESENTATIONS PUBLIQUES

Avril 2014 / /
17, 18 et 19 avril
au Théâtre de la Croix-Rousse,
Lyon 4ème

Février 2014 //
Reprise au théâtre Théo Argence
Saint-Priest. Rhône

Janvier 2014 //
Présence sur La route des 20.
Invité par Anne Courel

 

CONTACTS

Chloé BEGOU
Directrice artistique
06 71 06 83 54

Joana JACUZZI
Production - Collectif ABI/ABO
09 51 02 84 48


Collectif ABI/ABO
28 rue Lamartine
69003 Lyon